Mercredi 9 février 2011

Le temps passe

"En fait, nous allons introduire dans les programmes éducatifs des jeunes enfants cette nouvelle discipline, d’abord sur quelques zones éducatives très restreintes et soigneusement choisies pour leur stabilité sociale, afin de valider les méthodes et les outils mais aussi à travers des stages et des visites afin de former tous les personnels concernés, même si cela représente en fin de compte énormément de monde. Progressivement, années après années, nous affinerons sur une génération ce que nos essais en hopitaux pédiatriques ont déjà dégrossis. Dès lors que cette première tranche aura été accomplie, nous étendrons la démarche à l’ensemble du territoire. si je puis me permettre un petit élan d’enthousiasme, c’est une révolution tout à la fois,  dans l’éducation bien sur par l’apparition de ces nouvelles méthodes et surtout la prise en compte -enfin- de l’être autant que du savoir, mais vous vous en douterez, dans la société et j’irai même jusqu’à dire l’humanité. A compter de maintenant et d’ici 8 à 10 ans, chaque enfant de notre beau pays, dès 3 ans, chaque futur citoyen en age d’apprendre, chaque futur acteur de l’avenir de tous, devra apprendre -et c’est une discipline qui sera pratiqué chaque jour- il devra apprendre donc à écouter son coeur. D’abord par des petites activités sensorielles très spécifiques et ciblées, les maîtresses éveilleront les bambins à la perception de leur coeur. Puis d’années en années, ils apprendront à l’écouter battre. Ils apprendront à compter les battements, puis à en faire le compte tout en pratiquant une autre activité. Et c’est ce moment éducatif le plus délicat. Ils devront absolument savoir écouter leur coeur sans y prêter une attention soutenue, cela va de soi, mais ils devront surtout être en mesure de tenir un compte, précis, des battements de l’organe, sur un laps de temps de plus en plus long, et ce tout en pratiquant une et même plusieurs activités variées, nécessitant tour à tour force ou concentration, à l’image de la vie quotidienne. Ainsi donc, lorsque toutes les têtes blondes, ou brunes, et même les autres, seront en mesure, entrant dans l’age adulte, de, à tout moment de la vie, en toute circonstance, donner le compte exact de leurs battements de coeur, ils pourront avoir une conscience globale et une perception immédiate de ce qui est une richesse sans limite possible pour chacun mais qui au fil des évolutions et des révolutions est devenu un joug écrasant, insupportable, mutilant, et poussant parfois jusqu’à la mort : le temps.

N’est-ce pas merveilleux ?

Bien sur, il reste quelques détails d’application à régler, comme la synchronicité des comptes et la variabilité des rythmes mais globalement, les études déjà achevées démontrent clairement qu’il est possible d’apprécier exactement le temps à partir du compte des battements de son coeur, celui qui passe, celui qui reste." (sic)

18 septembre - 14h57 - Salle du Grand Conseil

Le temps passe, inexorablement le temps passe.

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