Jeudi 10 février 2011

Juste un cheveu

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Il y avait un cheveu sur l’épaulette de mon manteau. Juste un cheveu. Comme ceux que trouvent parfois les épouses sages sur les épaulettes des vestes de leurs maris vertueux.
Juste un cheveu; d’argent.

Juste un cheveu.

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Mercredi 9 février 2011

29ième jour de la quatrième année

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Extrait du journal


28ième jour de la quatrième année.

Situation instable.
Les conditions sont défavorables. Nous avons pu avec l’assistance du docteur Klass rétablir temporairement la liaison sub-spatiale. Malheureusement, il semble que nous n’ayons durant ces quelques dizaines de secondes pas disposé de puissance suffisante pour émettre. Le second Bradley a noté scrupuleusement la faible émission reçue durant le temps de fonctionnement de notre dernier transpondeur.

"621
00:31:04,507 –> 00:31:07,209
C’est surement pire
pour toi que pour moi.
 
622
00:31:14,117 –> 00:31:17,152
Cette situation…
 
623
00:31:18,988 –> 00:31:20,456
C’est si facile
de perdre espoir.
 
624
00:31:20,457 –> 00:31:22,357
J’ai vu ça chez d’autres,
 
625
00:31:22,358 –> 00:31:26,195
mais ce qui me garde
saine d’esprit
 
626
00:31:26,196 –> 00:31:28,897
c’est ces quelques moments
où nous sommes ensemble,
 
627
00:31:28,898 –> 00:31:34,036
le fait de pouvoir rentrer
à la maison, te voir et…
 
628
00:31:34,037 –> 00:31:36,538
Te tenir dans mes bras,
 
629
00:31:36,539 –> 00:31:41,577
même si c’est juste pour
un jour ou pour une minute…
 
630
00:31:41,578 –> 00:31:46,482
C’est ce qui me fait avancer.
"

Fin de réception à 00:32:02,296

Etant donné notre situation matérielle, nous n’espérons pas trouver les pièces nécessaires pour rétablir le fonctionnement de l’appareil. Nous ne sommes plus en mesure d’émettre et à peine en mesure de recevoir.
Par défaut, nous créeront des interférences selon un rythme non-naturel, des signaux courts en interférant le pondérateur. Nous espérons sincèrement que ce mode de communication suffira.



29ième jour de la quatrième année.
M. Doe, civil rescapé, professeur à l’université de Jamkinz, m’informe qu’il existait autrefois un code de communication, dénommé MORSE, permettant d’échanger des messages parfois complexe à l’aide de simples impulsions. Il a tenté d’en expliciter le fonctionnement et la logique mais ses souvenirs semblent trop confus pour en tirer quoi que ce soit.

De plus, il semble que ce codage ne permette pas l’échange d’idée. n’étant ni reconnu, ni transverbal, il ne nous sera pas utile.

J’ai remercié sincérement M. Doe pour ses efforts.

Fin du 29ième jour de la quatrième année

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Mercredi 9 février 2011

Le temps passe

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"En fait, nous allons introduire dans les programmes éducatifs des jeunes enfants cette nouvelle discipline, d’abord sur quelques zones éducatives très restreintes et soigneusement choisies pour leur stabilité sociale, afin de valider les méthodes et les outils mais aussi à travers des stages et des visites afin de former tous les personnels concernés, même si cela représente en fin de compte énormément de monde. Progressivement, années après années, nous affinerons sur une génération ce que nos essais en hopitaux pédiatriques ont déjà dégrossis. Dès lors que cette première tranche aura été accomplie, nous étendrons la démarche à l’ensemble du territoire. si je puis me permettre un petit élan d’enthousiasme, c’est une révolution tout à la fois,  dans l’éducation bien sur par l’apparition de ces nouvelles méthodes et surtout la prise en compte -enfin- de l’être autant que du savoir, mais vous vous en douterez, dans la société et j’irai même jusqu’à dire l’humanité. A compter de maintenant et d’ici 8 à 10 ans, chaque enfant de notre beau pays, dès 3 ans, chaque futur citoyen en age d’apprendre, chaque futur acteur de l’avenir de tous, devra apprendre -et c’est une discipline qui sera pratiqué chaque jour- il devra apprendre donc à écouter son coeur. D’abord par des petites activités sensorielles très spécifiques et ciblées, les maîtresses éveilleront les bambins à la perception de leur coeur. Puis d’années en années, ils apprendront à l’écouter battre. Ils apprendront à compter les battements, puis à en faire le compte tout en pratiquant une autre activité. Et c’est ce moment éducatif le plus délicat. Ils devront absolument savoir écouter leur coeur sans y prêter une attention soutenue, cela va de soi, mais ils devront surtout être en mesure de tenir un compte, précis, des battements de l’organe, sur un laps de temps de plus en plus long, et ce tout en pratiquant une et même plusieurs activités variées, nécessitant tour à tour force ou concentration, à l’image de la vie quotidienne. Ainsi donc, lorsque toutes les têtes blondes, ou brunes, et même les autres, seront en mesure, entrant dans l’age adulte, de, à tout moment de la vie, en toute circonstance, donner le compte exact de leurs battements de coeur, ils pourront avoir une conscience globale et une perception immédiate de ce qui est une richesse sans limite possible pour chacun mais qui au fil des évolutions et des révolutions est devenu un joug écrasant, insupportable, mutilant, et poussant parfois jusqu’à la mort : le temps.

N’est-ce pas merveilleux ?

Bien sur, il reste quelques détails d’application à régler, comme la synchronicité des comptes et la variabilité des rythmes mais globalement, les études déjà achevées démontrent clairement qu’il est possible d’apprécier exactement le temps à partir du compte des battements de son coeur, celui qui passe, celui qui reste." (sic)

18 septembre - 14h57 - Salle du Grand Conseil

Le temps passe, inexorablement le temps passe.

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Samedi 20 novembre 2010

Si je devais être seul

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Si je devais être seul,
Que ce soit avec toi.
Bien au-delà de la complétude,
Bien au-delà de la satisfaction,
Tu es l’envie.

Trajectoire cohérente de nos deux chemins de vie,
Qu’elles dessinent maintenant dans l’immaculée temps,
La fine arabesque d’une double spirale dansante,
Telles un mobile simple et subtile, perpétuelle ascension.

Si je devais être seul,
Pour le restant de ma vie,
Comme je fus seul avant cette vie,
Si je devais être seul encore une fois,
Que ce soit avec toi mon amour.

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Mercredi 5 mars 2008

Un autre lézard électrique

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J’évoquais il y a peu la magie du Gecko, lézard capable de grimper sur les murs, de marcher au plafond et même d’escalader des vitres grâce à ses pattes, adhérant électriquement à son support.
Un de ses congénères utilise apparemment un stratagème à la mécanique semblable mais à l’effet inverse, le poisson des sables. Vivant dans les déserts chauds, ce dernier est en mesure de littéralement nager dans le sable. Sa forme profilée et sa queue puissante sont connues depuis longtemps. Ce qui l’était moins, ce sont les millions de petites griffes microscopiques bordant ses écailles.
Des études restent à mener mais il semble que ces griffes agissent sur la charge électrique du sable et repousse le grain, une sorte de cage anti-statique. Il faut savoir en effet que le sable, sec, à la propriété fâcheuse de se charger en électricité statique et du même coup adhérer facilement à des surfaces comme la peau des baigneuses et autre. Hors, ce lézard se déplace, émerge et plonge dans le sable sans qu’aucun grain ne reste collé à ses écailles. Sa vitesse de progression, impressionnante, laissait depuis longtemps penser qu’il ne "creusait" pas le sable mais employait une autre méthode pour se frayer un chemin dans ce milieu.

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Vendredi 14 décembre 2007

13 heures un 14.12

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J’éprouve soudain, là, au milieu de la rue, au milieu de la journée, en cette
fin de l’année, l’irrépressible besoin de la prendre dans mes bras, la serrer
contre moi, non que ma poitrine soit à l’image d’un de ces musculeux et
enviable torse d’athléte ou chanteur à la mode mais elle l’accueillerais avec
la chaleur que je ressens, la réconforterais en lui affirmant de cette presque
impérieuse mais amoureuse façon ma présence, ma présence entière. La sensation
est si vive et le vide entre mes bras si grand que j’en oublie un instant le
temps et les voitures qui passent. Le voyage en conscience dans un onirique
espace échappant aux passants, échappant à la brique rouge des grands
immeubles, échappant aux flots incessants de la ville pour ne garder que le
vent froid et sec d’un hiver qui commence vraiment; enfin.

Un néant habillé de son absent rayonnement.

Je serre le vent contre mon coeur, et mon coeur entre deux battements suspend
son rythme, m’offre cette fraction de vide et d’espace, retient pour une
éternité infime le souffle et l’esprit.

Je reprends mon souffle, je reprends mon pas, et mon regard se perd droit…
devant moi.

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Vendredi 14 septembre 2007

L’étude autre

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Sur un air d’antan,
sur un air d’avant;
sur un air de souviens-moi

Elle me dirait Ik hou van jou
Et moi Me too, et moi Me too
Alors ce serait bien et tout itou
Avec bisoux et mains nuques et hanches tout doux

Sur un air d’antan,
sur un air d’avant;

Des ballades immobiles sous soleil toscan
Sur la via Aurelia, refaire le monde lentement,
S’oublier à Ostie sur la terrasse, somnolant,
Bercer des Ti amo murmurés en soufflements

Sur un air roman,
sur un air d’avant;

Ne jamais faire espérer plus qu’on ne doit
La douleur est dans l’espoir
Le mal dans le silence,
Ne Jamais faire espèrer plus que ce qu’on doit
Le douleur est dans l’espoir.

Se blottir sous la couette
Rouler dans ses pensées papier de verre
Ecrire la joie vide et muette
Comme on aime un enfant avant de le mettre en terre

Non corpus delicti.

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Jeudi 13 septembre 2007

L’Etude

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Lundi 27 août 2007

Côté pile

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Tu m’avais dis je doute tu sais
Tu m’avais dis j’ai envie tu sais
Tu m’avais dis demain tu sais
Tu m’avais dis j’ai besoin tu sais

Qu’avais-je répondu,
Hérault d’Azincourt
Armure lourde sur boue, épieux courts
Et mille arcs tendus ?

Et la fragrance fulgurante de ta présence
saisit, m’enserre, étouffe mes autres sens.
Alors tout et bien plus encore en souvenirs
En envies, partage, se résume sans mourir.

La souffrance n’est pas sans l’espoir
Pourtant attendre quoi ?
Le message qui ne vient pas
Et lorsqu’il survient, on reste là.

Ne pas le lire, pas tout de suite,
Peur et espoir, puisque ça ne peut être le dernier.

Et ressentir le désir, un désir,
lèvres,
doigts,
rêves,
la peau, l’autre que soi.

C’est beau comme on est chose parfois pale.
Le malsain plaisir à se trouver côté pile.

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Samedi 18 août 2007

Regard sur cendres

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Regard sur cendres

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